Les céphalées primaires, la migraine et les céphalées secondaires, comment faire le bon diagnostic ?

Les céphalées primaires, la migraine et les céphalées secondaires, comment faire le bon diagnostic ?

La migraine est une pathologie bénigne, mais handicapante qui peut altérer considérablement la qualité de vie des patients, perturber les relations affectives et retentir sur les activités professionnelles.

L‘International Headach Society (IHS) a classé les différents types de migraine et a établi des critères de diagnostics précis afin que tous les thérapeutes puissent parler le même langage et se référer à des critères homogènes reconnus par la communauté scientifique internationale. Depuis la publication de ces nouveaux critères (nous en sommes à la 3e version), le diagnostic des patients est de plus en plus précis. Aujourd’hui les migraineux représentent environ 12% de la population avec une nette prédominance chez les femmes.

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La migraine, une céphalée primaire

Primaire signifie qu’il n’existe pas de relation entre la céphalée et une autre maladie pouvant exprimer elle aussi un mal de tête. Il est très important de savoir à quel type de céphalée le patient est sujet, car son traitement sera différent. Le terme de migraine est souvent utilisé à tort, même si effectivement il s’agit bien d’une céphalée primaire. 

Caractéristiques de la migraine

 

  • Crises de 4 à 72h
  • Au moins 2 des 4 caractéristiques suivantes:
    1. Localisation unilatérale
    2. Douleur pulsatile
    3. Intensité modérée à sévère
    4. Aggravée par l’activité physique (marcher, monter des escaliers, etc.)
  • Durant la céphalée il existe au moins un des signes suivants:
    1. Nausée et/ou vomissement
    2. Photophobie (lumière) et/ou phonophobie (son)

Dans 10 à 20% des cas, la crise peut s’associer à des auras, qui surviennent souvent avant le début des céphalées.  Les symptômes de l’aura peuvent être multiples ; troubles visuels, sensitifs, fatigue intense, et parfois peuvent ne pas être associé à une céphalée.

Les céphalées primaires non migraineuses :

Les céphalées de tension :

Le plus souvent la douleur est bilatérale, associée à des tensions musculaires de la nuque et/ou des tensions oculaires. Le patient décrit le plus souvent une compression en étau (par opposition au caractère pulsatile de la migraine). L’intensité de la douleur varie de légère à modérée et est non aggravé par l’activité physique. Il n’y a pas de signe digestif (nausée et vomissement) ni de photophobie et phonophobie. Le traitement des céphalées de tension est les antalgiques non opioïdes et les anti-inflammatoires non stéroïdiens (paracétamol, aspirine, ibuprofène, kétoprofène, etc.)

 

Les algies vasculaires de la face (AVF) :

Les AVF touchent 0,2% de la population et essentiellement les hommes (3/1). Elle se caractérise par une douleur insupportable le plus souvent autour de l’orbite. Elles évoluent par crises d’une durée relativement courte (<2h ) et peuvent être associées de larmoiement, congestion nasale, sudation, sensation d’oreille bouchée, etc.

 

Les névralgies primaires :

Il s’agit de l’atteinte d’un nerf crânien innervant les structures de la face. Les principales sont la névralgie du trijumeau, la névralgie d’Arnold et la névralgie glossopharyngienne. Elles se caractérisent par des décharges électriques dans le territoire d’innervation du nerf, avec des intensités variables, souvent courtes et qui se répètent.

 

Les céphalées en grappe ou cluster headache :

Moins de 1% des céphalées primaires, les céphalées en grappe touchent particulièrement les hommes et surtout les fumeurs. Les crises débutent au niveau de la tempe et de l’orbite et s’étalent sur le front et une partie de la face. L’intensité augmente rapidement en quelques dizaines de minutes et se termine au bout d’une heure en moyenne. On parle de « grappe », car les crises vont survenir sur plusieurs jours avant de disparaitre pour plusieurs mois. Les traitements les plus efficaces sont les tripants par injection sous-cutanée de sumatriptan ou le traitement par oxygénation.

Les céphalées secondaires

 

Comme leur nom l’indique, elles sont secondaires et donc induites par un autre facteur. Il s’agit essentiellement des céphalées post-traumatiques, des lésions vasculaires comme l’accident vasculaire cérébrale ou l’accident ischémique transitoire. L’hypertension intracrânienne ou l’hypotension du liquide céphalorachidien, les céphalées infectieuses et inflammatoires, les affections oculaires font aussi parties des céphalées secondaires.

Des céphalées secondaires intéressantes pour le patient migraineux sont les céphalées médicamenteuses ou toxiques. Beaucoup de substances peuvent lorsqu’elles sont administrées, avalées ou inhalées, provoquer des céphalées et participer à déclencher une crise de migraine chez les personnes prédisposées. Ces substances peuvent être des médicaments, des produits chimiques, des vapeurs, des boissons alcoolisées ou autres. Ces céphalées sont souvent diffuses et persistent tant que l’exposition à la substance subsiste. Dans certains cas, la prise prolongée de médication pour lutter contre les crises de migraine peut engendrer une céphalée médicamenteuse. Le médicament participe alors au déclenchement de la crise de migraine, cela arrive fréquemment après une dizaine d’années de traitement. Dans ce cas, seul le sevrage pourra être bénéfique au patient, mais ce dernier se retrouve alors sans traitement de crise en cas de migraine, là est toute la difficulté de la prise en charge de la céphalée.

Shrivastava Rémi

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