Les massages tels qu’ils se pratiquent aujourd’hui, surtout en Inde du Sud, sont mentionnés dans les plus anciens traités médicaux sanskrits qui en citent les différentes techniques avec leurs principales indications et contre-indications. Il en est spécialement question dans les chapitres de ces livres qui traitent des règles à observer quotidiennement pour rester en bonne santé. En effet, les massages ayurvédiques ne constituent pas seulement une forme de thérapeutique, ils sont aussi, avec l’hygiène générale et la diététique, un moyen de prévention. C’est pourquoi ils sont recommandés aux individus sains dans un but de relaxation.

Il existe plusieurs types de massages âyurvédiques qui se pratiquent à mains nues, avec ou sans huile, et parfois même avec les pieds. Les différentes manœuvres (effleurages, frictions, pressions, pétrissages, pincements, percussions, roulements) peuvent être combinées entre elles et associées ou non à l’application de cataplasmes végétaux ainsi qu’à la pancakarma-thérapiQ (voir chap. IV, I).

Les textes sanskrits ne se contentent pas de mentionner ces techniques et leurs indications, ils précisent aussi les conditions dans lesquelles les différents massages peuvent et doivent être effectués. Ces conditions concernent le type de patient sur lequel le masseur devra opérer, son sexe, son âge, son tempérament, son état de santé. Les indications et les contre-indications sont aussi fonction des conditions climatiques, du moment de la journée, etc. En général le massage est indiqué dans la prévention des maladies attribuées à une excitation du « vent » ou du « phlegme ». C’est pourquoi des massages à l’huile de sésame sont recommandés pendant la saison des pluies, saison au cours de laquelle le « vent » et le « phlegme » sont le plus excités. L’huile de sésame pénètre très rapidement les tissus et les réchauffe. Selon la Carakasamhitâ (Sütrasthâna, V, 85-86) le massage à l’huile fortifie le corps, rend la peau douce et prévient les troubles du « vent ».

Les massages à l’huile de la tête et des pieds ont pour effet de faire disparaître la fatigue et de favoriser l’endormissement. Pour la tête on utilise généralement de l’huile de noix de coco. La Susrutasarnhitâ précise que le massage du corps est proscrit en cas d’indigestion, de forte fièvre ou encore chez un patient traité par des émétiques et des purgatifs. Autrement, le massage est recommandé après le bain. Tous les muscles doivent être massés, pétris un à un, et le cuir chevelu doit être frictionné avec des préparations huileuses.

Une pratique courante en Inde du Sud est le « bain d’huile » qui consiste à s’enduire d’huile de la tête aux pieds plusieurs fois par semaine. Le corps est massé, puis on le frotte avec une pâte absorbante pour enlever l’excédent d’huile avant de s’asperger d’eau chaude ou de prendre un bain. Le bain d’huile est particulièrement recommandé pour les bébés et les jeunes enfants.

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