L’image offerte aux regards extérieurs d’une posture, ne permet pas aux « spectateurs » de déterminer aisément si cette démonstration est prétexte à exhibition, recherche d’esthétisme, performance, explication technique…ou pratique intériorisée.

Le sens ne peut être vécu que de l’intérieur.

Seul le pratiquant en détient la signification, en fonction de l’intention posée.

C’est dans la pratique et la transmission du Yin Yoga que j’ai pris fortement conscience de la puissance de l’intention.

« L’énergie suit la pensée », donc « l’intention ».

Sans pour autant se focaliser sur les attentes et les résultats possibles – il est bien là question de l’énergie que nous orientons pour ouvrir, libérer, accueillir, laisser faire, laisser s’exprimer.

Le yin yoga s’appuie sur peu de postures, même si les variantes en démultiplient le nombre. Nous pouvons alors nous interroger :

« Nos élèves ne vont-ils pas se lasser de cette pratique proposant si peu de variété dans les postures ? ».

Et il me semble que dans un contexte d’immobilité et d’intériorisation, cette interrogation est légitime ; légitime certes mais pas si justifiée que cela !

L’intention demeure le cœur de la pratique, et des intentions ; il y en a pléthore .

La même posture devient alors révélatrice de nombreuses découvertes personnelles et joue un rôle de facilitation dans la libération des blocages, des tensions, des limitations.

Et devant cette profusion d’intentions et de propositions possibles, nous risquons cette fois ci de nous retrouver piégés dans le dédale des sensations, stimulations…méridiens, chakras………articulations, ligaments……….émotions, pensées…ouverture, compression…….

Qui craignait de voir l’ennui s’installer ?!

En fait, tous les plans de notre Etre peuvent être considérés et sollicités.

Donc chacune de nos stratifications peuvent faire l’objet d’intention, intention posée sur le plan physique et/ou énergétique et/ou émotionnel et/ou spirituel.

Et si nous utilisions le support des koshas* pour structurer et organiser cette abondance de possibilités ? Nous pouvons alors ouvrir le champ des possibles en toute conscience.

Il ne reste plus qu’à construire une logique de progression « facilitatrice » permettant de faire évoluer nos pratiques et nos enseignements en douceur, du plus dense au plus subtil.

Oui, le yin yoga fait appel à notre créativité, notre intuition, notre puissance intérieure qui ne demandent qu’à s’exprimer.

 

*Selon les penseurs de l’Inde, l’être humain se compose de stratification se nommant une « kosha », que nous serions tentés de traduire par « couches », si ce mot n’impliquait l’idée de séparation des divers constituants, idée étrangère à la pensée de l’Inde, qui considère l’être humain comme un tout indissociable. 

 

Nous pouvons ainsi identifier 5 koshas allant de l’état d’être le plus subtil à sa manifestation la plus dense :

 

Ananda-maya kosha (corps de félicité), l’âme de l’Homme, son essence même, au-delà des dualités

Vijnana-maya kosha (corps d’intellect et d’intuition), la raison, la discrimination, le sens de l’égo

Mano-maya kosha (corps mental et sensoriel), l’inconscient, nos instincts hérités ou acquis Prana-maya kosha (corps vital), l’ensemble des énergies à l’œuvre dans le corps humain Anna-maya kosha (corps physique), l’instrument d’action et de manifestation des stratifications supérieures

 

Par Marie BENOIST – Clermont Ferrand

Enseignante yin yoga et hatha yoga

Formatrice Yin yoga

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